Les amateurs du site ont crié au liberticide, certains ont complimenté l’action et les derniers n’ont simplement pas relevé l’information… Le site de partage a fermé le 27 juin au soir, pour ne jamais se rouvrir. C’est une action combinée des autorités françaises et suédoises qui est à l’origine de cette fermeture. Revenons ensemble sur cet incident qui bouleversera les 5,6 millions d’inscrits sur le site de torrent.

Avant tout… A quoi servait ce site internet ?

Pour faire simpe, T411 se présentait comme un site de partage et un annuaire de torrent. Si vous n’y comprenez rien, dites-vous simplement qu’il permettait à des utilisateurs de partager des fichiers dans un certain format… Et ce format, c’est le torrent. Pour effectuer un téléchargement, il suffisait de chercher le torrent souhaité sur le site internet. Par la suite, le téléchargement était plus ou moins rapide selon le nombre de partage déjà en cours.

Inutile de rentrer plus dans les détails. T411 ressemble à de nombreux sites de téléchargement, illégaux, que vous trouverez sur internet. Il était le premier site annuaire de torrent francophone. La toile pullule déjà de commentaires haineux vis à vis des forces de l’ordre, provenant majoritairement des anciens membres récurrents du site. Pour autant, ces derniers devront trouver un autre endroit où s’approvisionner…. Quoi que… ?

Les conséquences financières de T411 et les poursuites judiciaires

Sur ce point, les organismes ne sont pas tous d’accord. D’un côté, la Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique (SACEM) estime que le site T411 aurait coûté 3 millions d’euros. Marchandises numériques volées, droits de la propriété inexistante, non-rémunération des auteurs… Vous aurez compris l’idée principale. Néanmoins, d’un autre côté, l’Association de Lutte contre la Piraterie Audiovisuelle fait monter la note à plus d’un milliard d’euros. Pourquoi des chiffres si exorbitants ? L’estimation provient simplement du nombre colossal de téléchargements illégaux effectués sur T411 : plus ou moins 250 millions. Si le site était dans la ligne de mire des autorités depuis plusieurs années, ils étaient loin de se rendre compte de l’importance et de l’étendue de l’activité du site.

Si l’interpellation de deux personnes en Suède est confirmée, difficile de savoir l’ampleur exacte de l’action des forces de l’ordre. Les deux ukrainiens arrêtés sont soupçonnés d’être les administrateurs du site, mais ce serait également plusieurs modérateurs en France qui serait interpellé… Pour en savoir plus, il ne reste qu’à attendre. Certains peuvent néanmoins commencer à avoir des sueurs froides suites à l’annonce de David El-Sayegh, directeur général de la SACEM. Il imagine en effet étendre la plainte à d’autres personnes, et notamment aux membres les plus influents de cette ancienne communauté. Vous pouvez vous rassurer… Avoir téléchargé un film il y a quelques mois ne vous enverra pas en prison cette fois-ci ! Mais méfiez vous… Comme l’a annoncé David El-Sayegh : « Il n’y a pas d’impunité sur internet ».

Des alternatives légales existent-elles ?

Bien évidemment que oui ! Ce qui est lourdement pointé, c’est l’utilisation de ce site concernant le partage de musique. Il est tellement simple, de nos jours, de profiter des sites de streaming légaux afin d’en écouter. Légalement, et même gratuitement ! Les plus passionnés ne voulant pas subir une coupure publicitaires n’auront qu’à payer 10€ par mois (en moyenne) afin de profiter de 30 à 40 millions de titres selon les offres. Difficile de comprendre ce qui peut pousser à vouloir impérativement se tourner vers une solution illégale.

Pour autant, malgré une offre qui se développe de plus en plus pour les séries et la musique, même le PDG de Netflix avait critiqué la chronologie des médias en France. Pour lui, cette dernière était presque exclusivement responsable du piratage de ces contenus. Enfin, en ce qui concerne les jeux-vidéos et autres produits… Difficile de trouver une réelle alternative économique tout en restant dans la légalité. Pour les utilisateurs quotidiens d’internet, qu’ils soient inscrits ou non sur T411, c’est une grande page de l’histoire de la toile qui se tourne. L’histoire n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle de Megaupload, qui trouvera sa renaissance partielle avec Mega… Et qui est même censé rouvrir courant 2017. Un autre point que les autorités surveillent, d’ailleurs, de très près.

L’illégalité d’un coté, mais un partage légal d’un autre

Bien souvent, c’est la partie la plus noble et compréhensible qui en tapie pour les autres. En faisant quelques recherches sur internet, vous trouverez rapidement des auteurs et des compositeurs indépendants pleurant la disparition de ce site internet. Pourquoi ? Là où des sites comme Facebook, Google ou les spécialistes proposent de la visibilité à des tarifs exorbitants, T411 avait l’avantage de proposer un partage gratuit au plus grand nombre. Pour du contenu libre de droit et pour se faire connaître, c’était la solution idéale. Pour atteindre le Saint-Graal des auteurs et compositeurs, la reconnaissance, il faudra à ces derniers fournir des nouveaux efforts… Ou accepter de payer les autres.

Ainsi, une fermeture bénéfique pour le droit d’auteur et pour le plus grand nombre impacte aussi lourdement les indépendants à la recherche de popularité et d’un peu de connaissance…